Histoire de varier un peu les plaisirs, voilà de quoi garnir la partie cinéma du site. Et histoire de ne pas le faire n’importe comment, autant parler d’un excellent film. Par conséquent, ça parait logique, cet article parlera également d’un grand réalisateur mais pas que puisque celui-ci est aussi acteur. Parlons de Takeshi Kitano et de cette belle leçon de cinéma qu’est Zatoichi.

  • Takeshi Kitano?

Takeshi Kitano, ou Beat Takeshi pour certains ou encore ‘’le prof dans Battle Royale’’ pour d’autres, est une sorte de légende vivante. Oui, j’insiste sur ce fait, afin que les choses soient claires sur mon appréciation du personnage. Excellente incarnation du Japon dans tout ce qu’il peut avoir de nuances, Kitano est un artiste que j’apprécie énormément pour… Toutes ses nuances justement, et peut être encore plus pour ses excès. Capable de grand n’importe quoi comme de grand moment de grâce, le personnage me fascine depuis sa découverte dans Battle Royale. Et il est fort probable que ce soit le cas encore quelques temps.

La première fois que je suis tombé sur le film qui nous intéresse aujourd’hui, c’était lors de sa sortie en 2003. Oui ce film commence à avoir un certain âge et même si cela reste visible par certains de ses aspects, figurez vous qu’il ne vieillit pas. Mon propos semble paradoxal ? Découvrez pourquoi ce n’est pas exactement le cas dans le paragraphe suivant.

Découvrez aussi que Kitano n’a pas fait que glander sur ce film

  • Zatoichi?

Zatoichi est donc un film, ce que vous aurez donc amplement compris, qui suit le parcours de… l’homme du même nom. Ce brave monsieur incarné avec talent par Takeshi Kitano lui-même est un masseur itinérant aveugle, qui pourrait ne présenter rien de particulier en dehors du fait qu’il soit aveugle. Mais comme le personnage est justement particulier, on peut donc noter que la canne de celui-ci cache un sabre, régulièrement utilisé pour défendre la veuve et l’orphelin. Voila pour l’idée de départ.

De cette idée tout à fait sympathique est né le film qui nous intéresse. Kitano livre ici une réactualisation du personnage et de son univers, crée dans les années 60. Tout l’intelligence de sa réalisation se situe dans sa capacité à fondre son univers dans celui du personnage d’origine. On se retrouve alors face à un film terriblement respectueux de son époque et son contexte, mais parsemé d’un amour de l’absurde propre à Kitano. C’est tout simplement irrésistible.

Techniquement, tout est fait pour retrouver le grain et le charme des films de samourai de l’époque. L’image et la lumière sont d’une certaine sobriété, allant de paire avec une mise en scène extremement précise et cadrée. On retrouve un jeu typique de ce genre film pour la quasi-totalité des acteurs, ainsi qu’une manière de construire l’intrigue très progressive. La longueur du film n’en est nullement victime puisque les deux heures de sa durée passent terriblement vite. Comment ce tour de magie est il rendu possible ? Une seule réponse : Kitano

Je ne sais pas quoi dire sur cette photo, alors je ne dis rien. Voila.

  • Attends voir… Takeshi Kitano?

Comme je le disais plus haut, la force du film (et de cette relecture donc) est la subtilité avec laquelle Kitano est arrivé à insuffler de lui dans cet univers. On retrouve donc ici et là quelques idées absurdes et décalées qui font tour à tour sourire, rire, ou juste s’interroger sur ce qu’il vient de se passer devant nos yeux. Sans trop spoiler, on peut parler par exemple de la manière dont l’infirmité de Zatoichi est camouflée à un certain moment du film, ou d’une certaine danse dans un champ boueux. Je ne dirais rien de plus sur ces deux moments, très courts, mais très bien trouvés.

Et puis, il y a des choix de mise en scène en clair décalage avec le film, mais qui apporte quelque chose de bienvenue. Par exemple, le choix de présenter des giclées de sang exagérément importantes lors des combats donnent un coté manga à ceux-ci mais… Ça fonctionne. Ça ne choque pas outre mesure, ça surprends, mais cette surenchère fonctionne. Alors oui, les effets spéciaux ont un peu vieilli et certaines lames ou attaques semblent légèrement fausses et trafiquées mais… Ça maintient un charme désuet au film, contrastant avec les excellentes chorégraphies guerrières de celui-ci.

Car les combats sont une véritable réussite, rendant à merveille l’art du iaijutsu, correspondant à la maîtrise d’attaque au sabre dégainé. Ils sont brefs, impactant, et marquants. On n’en demande pas plus.

C’est un peu saignant comme j’ai dis. Un peu.

  • Ok, donc Takeshi Kitano joue un samourai aveugle, c’est ça?

Alors puisqu’il faut conclure, concluons. Zatoichi est à voir, seul ou accompagné, avec la curiosité vive d’un passionné de cinéma ou d’un curieux de tout. Kitano livre ici un excellent film, maîtrisé de bout en bout et surprenant par d’inventives touches, rendant celui-ci indispensable. Si vous ne connaissez pas le personnage, c’est une excellente porte d’entrée à son univers. Et si vous connaissez le monsieur, vous pouvez y aller les yeux fermés !

Quoi qu’il en soit, vous me remercierez plus tard.

La Bonne Bise

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