Etre l’enfant de quelqu’un de connu n’est pas simple. Inévitablement, on se retrouve sans cesse, comparé, analysé, sans que l’on puisse trop rien y faire. Deux options s’offrent alors pour tenter de s’échapper de ce format : essayer de faire mieux que l’illustre ainé dans le même domaine, ou bien s’en détacher plus ou moins nettement. Willow Smith, fille de Will Smith, semble l’avoir très bien compris.

  • Rappel des faits

C’est fou comme le temps passe. Je me souviens encore des premières choses que j’ai vu de la demoiselle : ses singles ‘’21st century girl’’ et ‘’whip my hair’’. Et du coup, bon, je vais pas m’étendre sur la qualité et la pertinence de ceux-ci… C’était, en gros, tout ce qu’on pouvait attendre de bateau de la part d’une fille de star. Mais ça ne méritait pas d’y placer une grosse attente.

Surtout que rapidement, c’est son grand frère Jaden qui fixa l’attention. On se demande pourquoi d’ailleurs, car lui aussi semble collectionner tout les clichés de l’enfant star un peu chiant qui essaie de faire comme papa. Et puis, il y a quelques temps, je vous en avais parlé, j’étais tombé sur son album ‘’Ardipithecus’’. J’avais été charmé,surpris, et totalement conquis par son art. Ca n’avait plus rien à voir avec sa ‘’jeunesse’’ pas si lointaine.

A l’annonce de ce nouvel album, je ne savais pas quoi penser, ni même quoi attendre. Quelque part, je m’attendais à ce qu’il soit ‘’quitte ou double’’. Soit il allait confirmer sa réelle âme d’artiste, soit il allait la détruire à grand coup de conventionnalisme bête et méchant. Je vous rassure de suite, l’issue fut extraordinairement positive.

Une voix, une guitare, un chapeau bizarre et le tour est joué

  • Le changement dans la continuité

Confirmer son talent, c’est bien. Mais faire savoir qu’il ne stagne pas et qu’il sait s’offrir des voies de renouvellement, c’est mieux. Et c’est exactement ce que fait cet album qui n’a que peu de liens direct avec le précédent. C’est la même personne derrière les chansons, mais avec un certain nombre de différences.

Tout d’abord, entre les expérimentations subtiles de l’album et l’évidence pop de certaines chansons du précédent album, Willow semble avoir choisi. La mélodie prédomine sur les 11 titres de la livraison, et sait se faire terriblement efficace. Sur une musique moins chargée qu’auparavant, Willow maîtrise toujours autant sa voix et dévoile de vrais trésors d’inventivité. C’est un réel plaisir que de l’écouter.

Faisant varier ses notes autour du thème simple mais toujours efficace de l’amour, Willow offre de très belles nuances à son album. L’ouverture est d’une poésie certaine, tout comme le second titre, totalement instrumental et au piano. Même si couleur générale semble tendre vers des ballades assez stylisées, on retrouve aussi du rythme comme sur ‘’Oh No !!!’’, la plutôt rock ‘’Human Leech’’ ou bien encore la suave ‘’Warm Honey’’. C’est grâce à ce subtil équilibre que l’album parvient à ne pas ennuyer une seule seconde son auditeur. Il n’y a strictement rien à redire sur ça.

Et ça marche aussi sans chapeau bizarre, je vous rassure

  • En toute simplicité

Voilà comment on arrive à se défaire de l’ombre un peu trop oppressante d’un père un peu trop célèbre. Il suffit de se lancer dans un domaine similaire, mais en faisant beaucoup mieux, et de manière plutôt sincère. Et même si depuis, le grand frère essaie de faire le malin en faisant le même genre de choses, qu’importe, on sait tous très bien qui est sur le bon chemin dans la famille. Sur ce, je vous laisse vous régaler !

La Bonne Bise !