Il y a des artistes et des ‘’artistes’’. Il y a des gens tout simplement ‘’doués’’ et d’autres qui sont précieux. Pour moi, Annie Clarke fait partie de la seconde catégorie. Et si vous vous demandez pourquoi, c’est en toute simplicité que je vais essayer de vous le faire comprendre. Parlons donc sans plus attendre de ‘’Masseduction’’ de St. Vincent.

  • Une logique implacable

J’ai découvert St. Vincent avec un peu de retard, je l’avoue. C’est en effet avec l’avant dernier album, sobrement nommé ‘’St. Vincent’’, que je suis rentré dans l’univers de la musicienne américaine. Charmé, que dis je, TOTALEMENT ENVOUTE par son univers, c’est avec un enthousiasme un peu trop débordant que je me suis lancé dans le reste de sa discographie. J’en suis sorti conquis, autant par ses qualités que par ce que l’on désigne chez elle comme des défauts. Annie Clarke peut faire de moi ce qu’elle veut, je valide sa démarche dans son entièreté.

Pour ne rien vous cacher, ce nouvel album n’échappe absolument pas à mon approbation. Il est à la fois la suite logique de son chemin artistique, mais également l’apercu de nouvelles directions extrêmement intéressante. Par certains aspects, il me fait penser à deux albums que j’apprécie énormément : ‘’Year Zero’’ de Nine Inch Nails et ‘’Firebird’’ de Miyavi. Je sais, la comparaison peut paraître extrême et inattendue, mais elle est tout fait judicieuse, je vous jure.

Annie Clarke est en campagne

  • Tout était dans l’ADN

En lisant quelques chroniques sur cet album, j’ai pu constater un reproche récurrent. On peut lire ici et là que l’aspect electro est trop prononcé, que les talents de guitariste d’Annie passent à la trappe, etc etc… Je ne suis pas d’accord avec ce constat. Lorsque l’on se donne un peu le temps de comprendre le parcours de la demoiselle, on constate que l’électro a toujours fait partie de son ADN. Et il est intéressant de constater que cela ne s’est jamais limité à des simples claviers et programmations ici et la.

Dans sa manière de travailler le son ou la répétition, Annie Clarke propose quelque chose d’assez particulier. Il suffit de s’attarder un peu sur l’ouverture de l’album, la très jolie ‘’Hang On Me’’. C’est dès les premiers instants que quelques sonorités Reznoriennes se font entendre. L’aspect feutré du beat, les ambiances de fond ne sont vraiment pas loin de ce qu’on peut entendre chez Trent. Un clin d’œil ? Une influence plus ou moins inconsciente ? La réponse importe peu lorsque le résultat est là.

‘’Sugarboy’’ de par son énergie fait pencher mon ressenti vers le célèbre japonais cité plus haut. Elle est ultra prenante, dynamique et tout simplement irrésistible. Dans le contexte complet de l’album, les morceaux dévoilés auparavant prennent une toute autre ampleur. ‘’New York’’ est toujours aussi hypnotique, tout comme ‘’Los Ageless’’ qui elle, possède définitivement quelque chose de particulier. Lorsque l’album se termine sur la presque jazzy ‘’Smoking Section’’, il n’y a que peu de choses à dire : la réussite est totale.

Je ne sais pas vraiment quoi dire sur cette photo. Ne m’en voulez pas.

  • Jeu de mots

Terminons par une question à jeux de mots douteux : Cet album est il une arme de séduction massive ? Clairement, oui. Il est bien écrit, cohérent à la fois avec lui-même et avec le reste de la discographie . Que vous soyez donc familier ou non avec l’univers de la demoiselle, n’hésitez pas, il serait inconscient de passer à coté de cet album ! N’hésitez pas à m’en dire des nouvelles !

La Bonne Bise