Derrière le mystérieux titre de ‘’Coquelicots d’Irak’’ se cache une bande dessinée. Comme vous l’avez peut être deviné, celle-ci parle de l’Irak. Si le sujet peut paraître assez légitimement difficile à traiter, tout est cependant possible lorsqu’on y met un peu de bonne volonté. C’est le cas de ce recueils de souvenirs, dont je vais vous parler sans plus tarder aujourd’hui .

  • Partager n’est pas chose aisée

Lorsque l’on me propose de me plonger dans un recueil de ce type, je suis toujours très curieux de l’angle qu’il va adopter. Les souvenirs, c’est un peu pareil pour tout le monde, on en fait un peu ce qu’on en veut. On peut les rendre heureux, terriblement dramatiques ou plutôt neutres. C’est d’ailleurs cette possibilité qui nous pousse à les partager ou non.

Brigitte Findaly, franco irakienne, a d’abord longuement hésite avant de partager ses souvenirs, n’y voyant que peu d’interêt. C’est finalement sous l’impulsion de son mari dessinateur qu’elle passa le cap. C’est lui concrétisa la mise en forme de chacune des scènes du livre, Brigitte le mettant en couleurs. L’alliance était toute trouvée, pour un résultat clairement au rendez vous.

  • Simple et sans excès

Sans créer un réel fil conducteur tout au long du livre, si ce n’est celui du temps qui passe, Brigitte partage donc sa vie et son enfance. Les scènes décrites sont celles du quotidien, de ses aléas, et de ce qu’implique le fait de vivre dans un pays à la situation politique relativement problématique.

C’est sans excès ni misérabilisme que l’auteur nous conte la difficulté de la vie en Irak à cette époque, et comment celle-ci n’ira qu’en grandissant. Des conversations sous écoutes, aux activités familiales réduites en passant par la difficulté de se faire à certaines coutumes, tout y est. On s’attache très rapidement aux personnages dépeints par Brigitte, ceux-ci étant particulièrement réalistes puisque… Réels. Ce n’est pas beaucoup plus compliqué que ca.

C’est avec un vrai plaisir, une réelle curiosité que se fait le voyage. Le rythme est soutenu et doux à la fois, ne créant ni lassitude ni désir d’une lecture trop rapide. Les histoires racontées font souvent réfléchir, ne serait ce que sur le rapport que l’on tient soi même avec la notion de ‘’liberté’’ et tout ce qu’elle implique. C’est à la fois intéressant et le ton avec lequel s’est abordé donne à tout ça quelque chose de… Rafraîchissant.

  • L’excellence étant rare, ne la laissons pas passer

Une bien belle lecture que je vous conseille donc. Il est trop rare de tomber sur des œuvres traitant de sujets profonds de la bonne manière. N’hésitez pas plus longtemps, c’est du temps de perdu sur votre temps de lecture.

La Bonne Bise