Aujourd’hui, je suis content : je vais récupérer Starboy  de The Weeknd en vinyle. Après avoir rincé mon édition CD en long, en large et en travers, je vais pouvoir en faire de même à un niveau supérieur. C’est donc tout naturellement que l’allégresse s’empare de moi, ainsi qu’un puissant sentiment d’extase à venir. Mon enthousiasme étant donc clairement à son comble, je m’en vais vous parler de Starboy.

  • Pour être tout à fait honnête avec vous

Je pense pouvoir dire sans me mentir que The Weeknd est probablement l’une de mes plus belles découvertes musicales de ces dernières années. En mélangeant des influences rock, trip hop, ambiant, soul et j’en passe à un r’n’b nocturne et définitivement classieux, la musique d’Abel a su me transporter plus d’une fois. De ses trois premières mixtapes, à ses désormais trois albums, beaucoup de chansons resteront en moi probablement pour toujours. J’ai d’ailleurs beaucoup hésité sur la manière d’aborder l’univers du canadien.

Allais je commencer par le premier et me laisser aller tranquillement jusqu’à cette petite merveille de Starboy ? Ou allais je faire l’inverse ? Le choix a donc été fait, je commencerais par la fin, bien trop pressé de parler de l’album du jour. Pour le reste, on verra plus tard mais comme dirait l’autre : C’est parti mon kiki.

En rouge et… Bleu? (Je ne vois pas super bien les couleurs désolé)

  • L’accomplissement, clairement

Si je devais résumer Starboy en une phrase, ou deux, je dirais quelque chose dans l’esprit de ce qui va suivre. Cet album me semble être un certain accomplissement de ce qui a été entrepris depuis ‘’High For This’’, premier titre de la toute première mixtape du monsieur. Une fois l’album bien intégré et digéré, on se surprends même à se dire que si le projet s’arrêtait là, tout irait bien dans le meilleur de monde.

Non pas que l’album soit mauvais, bien loin de là, mais tout semble si parfaitement se finir qu’il est presque impossible d’en concevoir une suite directe. Ça ne vous est jamais arrivés d’ailleurs ? Finir un album et vous dire ‘’punaise, c’était cool, je me demande comment sera le prochain ! J’espère qu’il refera ça ou tentera ça !’’, ça ne vous a jamais traversé l’esprit ? De mon coté, ça m’arrive assez régulièrement sauf ici même.

Pour expliciter mon propos, je peux même aller au bout de ma logique et commencer par le dernier titre de l’album. ‘’I Feel It Coming’’ sonne comme un générique de fin, celui qu’on vous met après un excellent film au rythme idéal, et qu’on laisse dérouler jusqu’au bout pour se remettre du trop plein d’émotions traversées. La chanson terminée nous laisse seul, face à nous-mêmes et à notre ressenti. Et vous commencez à sentir venir le mien.

Image tirée du FANTASTIQUE court métrage MANIA, avec lequel je vous laisse plus bas. Tout (ou presque) prendra alors sens

  • Comme dans un film

L’album finit comme il commence : avec les Daft Punk, et comme un générique. Le morceau titre ouvre l’album comme on ouvrirait un bon film. Le clip présenté montre un Abel encore tout en dreads se faire tuer par un Abel à la coupe plus courte, encore un peu plus sur de lui, et prêt à opérer sa transformation. Et si on peut voir dans ce changement de coupe insignifiant pour certains un retour à son apparence des débuts, qu’on se rassure : il ne s’agit pas que de ça.

Musicalement, ce premier titre réussit une approche à la fois évidente et complexe. La production des deux robots en chef semble assez minimaliste, mais se dévoile tout au long de la chanson comme quelque chose d’assez subtile. Le chant d’Abel s’y fait impalpable, semblant presque survoler la chanson par certains moments. Le temps d’apprécier ces quelques minutes d’introduction, le piège s’est déjà refermé sur l’auditeur.

Car c’est en effet comme un monstre nous attirant dans ses abysses que l’album se poursuite alors. ‘’Party Monster’’ assure une suite beaucoup plus sombres, solidement tenu par des claviers épais à l’esthétique dark wave. On garde toujours cet amour pour Michael Jackson, mais on y ajoute quelque chose de beaucoup plus noir. Allez on se le fait ce trait d’humour un peu limite ? Oui ? Ok, disons le : Abel Tesfaye est en quelques sortes un Michael Jackson black. Merci d’avoir lu, merci de ne pas juger, merci de continuer.

  • Trop de richesse, ne tue pas toujours la richesse

Très rapidement, l’album montre toute sa richesse. Généreux en ambiances très différentes mais extrêmement complémentaires, les morceaux se déroulent comme on déroulerait le récit de virées nocturnes riches en sensations. Certains moments sont clairement remplis de spleen, comme l’hypnotique ‘’Reminder’’ et sa basse ultra ronde et chaleureuse. D’autres moments font clairement danser, comme enchaînement entre ‘’Rockin’’ et ‘’Secrets’’.

Il y a dans cet album une sorte de mélange et d’intelligence peu commune. En effet, sur l’ensemble des morceaux dansants, et particulièrement sur une petite pépite comme ‘’Lonely Night’’, on sent un réel amour du groove. L’hommage à une époque est certes assez évident et simple, mais éviter la copie carbone est une entreprise bien plus difficile. A aucun moment, l’album ne tombe dans le stéréotype. Tout est dans la finesse.

Et figurez vous qu’en dehors de cet aspect hommage au potentiel de séduction énorme, le reste de l’album n’est heureusement pas en retrait.

Même sans être fan des Daft Punk, j’admets la coolitude énorme de cette image (pour ceux qui l’auraient raté dans le clip de Starboy)

  • La conclusion de l’excellence 

Lorsque l’album n’est donc pas vintage, il est excellemment moderne, avec un sens assez aigu de la mélodie. Il y par exemple une certaine Lana qui offre une performance méconnaissable sur deux chansons. Il y aussi des featurings de très bons gouts, comme sur ‘’Six Feet Under’’ par exemple. On pourrait alors laisser penser à une sorte de dichotomie entre le moderne et le vintage de cet album mais ce n’est pas le cas puisque tout marche ensemble, sans exceptions.

Lorsqu’on arrive alors doucement vers la fin de l’album, on est déjà bien loin de la réalité. C’est à ce moment là que le retour au réel se fait, progressivement, doucement. ‘’All I Know’’ saisit en douceur, avant que l’incroyable ‘’Die For You’’ dévoile ses atouts. Nous revoilà alors au point de départ de cette chronique avec ‘’I Feel It Coming’’, merveileux, subtil etc etc…

Cet album est une merveille, vraiment. Je pense que vous l’aurez compris à travers la longueur de l’article, mais j’insiste sur ce fait, cet album est une merveille. Que ce soit dans le songwriting, la production, le chant, tout y est d’une recherche et d’une efficacité merveilleuse.

Que vous soyez fan ou non, il n’y a qu’une seule et unique chose à faire : découvrir cet album. Si vous êtes un habitué, vous ne pourrez être que ravi. Si vous ne connaissez pas le monsieur, c’est une excellente porte d’entrée à son univers.

Je vous laisse apprécier

La Bonne Bise

Disponible à la commande