• Tuer le suspense

Vince Staples est il ma révélation hip hop de ces dernières années ? Clairement. Cette introduction tue probablement tout le suspense de la chronique, mais qu’importe. Rentrons maintenant dans le vif du sujet !

Je dois cette découvertes à l’ami Karim Debbache, qui en plus d’avoir des bons goûts ciné, a de très bons goûts musicaux. C’est donc en cliquant sur un clip partagé sur sa page facebook que le premier contact s’est fait. Dès les premières secondes, aucun doute, tout est là : le flow, l’instru, et une ambiance saisissantes dès les premiers instants.

J’ai toujours aimé le hip hop de toutes sortes. Mais ces derniers temps, je dois bien avouer que je décrochais un tantinet, peut être lassé de productions souvent trop similaires. Si vous êtes dans mon cas, il y a fort à parier que Vince peut vous réconcilier avec le genre !

Summertimes 06 est un double album, ce qui peut faire au premier abord. C’est un fait, les albums de rap sont souvent trop long. Sauf, ici, où on en demande encore et encore. Divisé en deux fois dix titres, le travail d’ambiance et de diversité fait oublier toute notion de temps ou de longueur.

Le premier CD hypnotise dès les premiers instants, avec un ‘’Lift Me Up’’ parfaitement nonchalant et entêtant. Le flow de Vince est d’une réelle classe, inspiré et personnel à la fois, ni trop rapide ni trop lent. Au niveau instrumental, on est également dans une nuance quasi parfaite, entre le old school et une idée plus moderne de la chose. Subtile, incorporant des ambiances urbaines un peu brumeuses et vaporeuses, la musique du natif de Long Beach est également pleine de surprises.

Je voulais faire une blague, mais je ne la ferais pas. Voila.

  • L’intelligence du talent, le talent de l’intelligence

Passé l’évidence des premiers morceaux (‘’Birds & Bees’’ putain !), un autre point frappe assez nettement : l’intelligence des featurings. On est pas juste dans la démonstration de potes ou quoi que ce soit. Ce n’est pas le genre de la maison, messieurs dames ! Ici, chaque participation semble ultra naturelle, à tel point qu’on ne la remarque parfois presque pas, celle-ci s’étant fondu dans le morceau avec brio. Tiens la première apparition de Kilo Kish sur ‘’Dopeman’’, je ne l’ai remarqué qu’a la seconde écoute tant celle-ci m’a paru évidente et bien intégré. Le premier CD se termine sur le morceau titre de l’album, sombre et mélancolique.

Cette suite n’est donc pas en reste en s’ouvrant sur ‘’3230’’, d’une puissance détonante. Ce titre annonce la couleur de cette seconde partie : un peu plus sombre, un peu plus nocturne que la précédente. C’est un peu comme s’enfoncer dans une ville que l’on sait un peu dangereuse à la recherche de nouvelles sensations. Kilo Kish revient dès le troisième titre, pour un morceau à tendance répétitive dont il est très difficile de se détacher.

Plus pop et mélodique, ‘’Might Be Wrong’’ offre un très beau moment du disque, particulièrement planant et savoureux. ‘’Hang’N’Bang’’ appelle à plus de rythme, amenant tranquillement, avec le langoureux ‘’C.N.B’’ et le cinématographique ‘’Like It Is’’, à la fin de l’album.

Un album, deux CD, 20 morceaux à zapper sous aucun prétexte. Tout est à prendre dans cet album, sans aucune hésitation. A seulement 23 ans, Vince s’impose comme une figure d’un renouveau de hip hop à suivre de très près. Il ne faut rater ce mec sous aucun prétexte !

Je vous laisse donc avec le clip d’un des meilleurs morceaux de l’album !

Bonne écoute

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