Et si on tentait un truc ? Si on essayait de parler de Willow Smith sans parler de sa famille ? Si on se lançait dans sa musique sans préjugés, sans rapport à son passé, sans projection ou transfert sur son affiliation génétique ? Vous pensez ça impossible ? Cet article va vous prouver le contraire !

  • Le contexte

Lorsque l’album qui nous intéresse aujourd’hui est sorti, Willow Smith avait 15 ans. L’album comptant lui-même 15 pistes, peut on dire qu’il s’agit là d’une coïncidence ? Au risque de vous surprendre… Oui peut être.

Au risque de vous surprendre également, il est à noter que la demoiselle est à l’origine des 15 pistes de l’album. Alors, il y a bien quelques collaborations sur la fin de l’album, et ce avec des gens plus ou moins proches d’elle, mais la grande majorité de cette délicate livraison vient d’une seule et même personne. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup. Quelque part, ça veut dire que Willow est probablement libre, heureuse d’être là, avec nous.

On remarquera que si la demoiselle ne manque pas de talent, elle ne manque pas non plus de… Cheveux #BlagueDeCoiffeur

  • Le lancement de l’album

Musicalement, l’album est riche, varié, tout en étant assez cohérent. C’est très loin du r’n’b basique que l’on pourrait bêtement imaginer, et plus proche d’une sorte de pop hybride constamment surprenante et gavé de bonnes idées. Ce n’est jamais totalement évident, ni même jamais clairement expérimental. Et c’est bien là que se situe toute la force de l’album, dans ce constant équilibre fort et fragile à la fois.

En trois titres, l’album dévoile rapidement un spectre musical assez large. ‘’Organization & Classification’’ introduit le disque avec grâce et un certain sens du mystère, laissant le coté ethnique du second titre briller de milles feux. La voix de Willow se montre très habilement maîtrisé, que ce soit en solo ou dans des harmonies plus complexes. ‘’dRuGz’’ et son beat répétitif conjugue quelque chose de minimaliste dans ses arrangements et de plus ample dans sa mélodie. On ne peut qu’apprécier pareil trio d’ouverture.

‘’Cycles’’ semble suivre le même chemin mélodique, en plus lumineux et arrangé. La voix est toujours aussi plaisante, toujours aussi juste, n’en faisant jamais trop ni pas assez. C’est d’ailleurs un peu le ‘’fil rouge’’ du disque, celle-ci étant soulignée par certains morceaux ou en soulignant d’autres. Elle marque la variété du disque, et complète sa cohérence.

La demoiselle n’essaie pas que des choses au niveau musical, mais aussi au niveau capillaire #BlagueDeCoiffeurBis

  • Le coeur et la fin (qui justifie les moyens)

‘’F Q — C # 8’’ ainsi que ‘’Not So Different’’ amène un peu de douceur dans le disque. Pas de beats marqués ici, mais plus de subtilité et de retenue dans les arrangements pour un résultat des plus plaisants. Un peu plus de rythme revient par la suite, et particulièrement sur la très suave et groovy ‘’RANDOMSONG’’. Seulement accompagné d’une ligne de basse et d’un beat minimaliste, Willow débute le titre tout en chaleur, faisant monter la tension musicale jusqu’à l’arrive d’un piano discret mais fort judicieux. Les autres instruments se rajoutent alors, puis repartent, puis reviennent, sans gacher aucunement la répétition de la chanson qui vient se briser à mi chemin pour être emporté vers une autre dimension. Un vrai plaisir, c’est indéniable.

Derrière ça, un joli duo de chansons s’impose dans deux ambiances assez différentes. ‘’Marceline’’, plutôt minimaliste, offre une ambiance chaleureuse tandis que sa suite judicieusement nommée ‘’Marceline Pt.2’’ se montre plus rythmée et ‘’agressive’’, marquant ainsi la fin du deuxième tiers de l’album.

Le tiers final s’ouvre sur ‘’Ur Town’’, avec un petit quelque chose de langoureux qui est loin d’être repoussant. ‘’Star’’, la piste suivante, porte bien son nom et possède une atmosphère aérée presque stellaire. Elle permet un réel bol d’air que poursuite la dansante ‘’Wait A Minute’’, très r’n’b 90’s old school dans son idée. ‘’Waves Of Nature’’ garde cette même idée un peu éthérée, que le dernier morceau poussera à son paroxysme pour un final absolument parfait.

‘’Why don’t you cry’’ est LE tube de cet album, fantastiquement produit, somptueusement écrit, parfaitement interprété. Et judicieusement placé en dernière piste, il ne parasite aucunement l’album. L’intelligence et le talent de Willow se sent même dans ce genre de détails.

Je me suis renseigné, Karl Lagerfeld n’est pas impliqué dans cet album… Du coup, cette photo n’a pas d’interêt. Désolé

  • L’excellence en guise de conclusion

15 titres, dont 15 réussites, que dire de plus ? Très loin de ce que l’on pouvait attendre, l’album est une petite pépite de créativité. Ayant assez incroyablement bien digéré ses influences pour une jeune fille de seulement 15 ans à l’époque, Willow livre un album assez inratable. On pense ici et là à quelques artistes, mais sans que le parallèle ne soit flagrant à aucun moment. La demoiselle possède une réelle vision et la suit sans faiblir à un seul moment.

On applaudit des deux mains et même des pieds pour les plus ambitieux, et on attends la suite avec une certaine impatience. Bravo à elle, encore une fois.

La Bonne Bise