Aujourd’hui, je n’avais pas été très envie de vous parler de musique. Et puis j’avoue ne pas avoir très envie de parler jeux vidéo non plus ? Peut être que l’on pourrait parler de livres ? Je vais être honnête : ça ne me dit rien non plus. Que faire alors ? La réponse se trouve dans l’évidence d’un film pas si évident que ça : The Double de Richard Ayoade.

  • Petite devinette

Fiodor Dostoievski, l’auteur du livre dont le film est adapté, et Richard Ayoade ont un point commun. Celui-ci étant assez évident, je vous laisse une minute pour le deviner, et ce, sans aucun indice. C’est parti.

Il s’agissait bien évidemment de la difficulté à écrire ou à prononcer leurs noms de famille correctement. Et si vous vous demandez ce que cette pétillante anecdote peut avoir comme rapport avec le film dont je vais vous parler, ma réponse sera étonnamment concise.

Il n’y aucun rapport entre ce point commun et le film. Ainsi soit il.

Je profite de cet instant humoristique pour vous mettre en garde. Ne pas confondre The Double, et The Double. C’est important

  • Simon James et James Simon sont dans un film et personne ne tombe à l’eau

Le film du jour est donc une adaptation. Dans un total effort de transparence et de moralisation de ma vie journalistique, je ne parlerais pas du livre original. Pourquoi ? Car c’est comme ça, je n’en ai pas envie. Par contre, je vais me répandre en superlatifs pour vous en parler. Car ce film est fantastique.

L’histoire est la suivante : Simon James est employé d’une obscure entreprise kafkaienne. On ne sait pas ce qu’il y fait, ni même pourquoi il le fait. Cependant, plusieurs choses semblent évidentes.

Primo, Simon James n’est plutôt pas très bien dans sa peau. Deuxio, il a tout en haut dans sa hiérarchie un mystérieux personnage nommé ‘’le Colonel’’ sur lequel on ne saura rien, ou presque. Tertio, il fait toujours nuit dans cette ville dont on ne sait rien non plus et c’est assez perturbant.

Simon James en impose

  • L’élément perturbateur

Comme si sa vie n’était pas assez nulle comme ça, notre héros voit débarquer dans sa vie un élément perturbateur n’ayant pas volé sa dénomination : James Simon. Si le nom vous parait familier, c’est normal. Et si en le voyant, quelque chose semble vous sauter au visage, c’est tout à fait normal également. James Simon est en effet la copie parfaite de Simon James.

Sauf que, voila, si physiquement, on part sur un sosie officiel, humainement, ce n’est pas exactement la même chose. On est même clairement sur un opposé total. Par exemple, si Simon semble en réelle difficulté pour approcher la moindre fille, James ne s’embarrasse d’aucune gène. Il drague, emballe et se met le patron de la boite dans la poche en à peine quelques jours.

L’arrivée de cet étonnant personnage provoquera donc nombre de remous dans la vie de notre héros. Remettant en question son environnement tout autant que sa propre personne, Simon va se trouver progressivement transformé par cette rencontre.

Une légère ressemblance se fait ressentir, en même temps qu’un léger malaise

  • Le tiercé gagnant

Scénaristiquement, tout est parfait. L’adaptation est intelligente, conservant l’essence même du récit d’origine pour ne l’agrémenter que du nécessaire. L’univers qui est dépeint est fascinant, intriguant au possible et forçant l’immersion dès les premiers instants. Les personnages sont bien écrits, et toujours d’une manière très juste. Il n’y a rien qui est en trop, ni rien qui manque.

Techniquement, c’est d’une intelligence rare. Sobre, tout en étant très racé et stylisé dans son ensemble, la réalisation démontre un amour palpable pour son œuvre, et pour le cinéma en général. La gestion de la lumière est d’une beauté rare, servant chaque détail, chaque aspect du jeu.

Et au niveau du jeu d’acteur justement, il faut saluer la force du jeu de chaque personne impliquée dans ce projet. Jesse Eisenberg brille bien entendu par sa double interprétation habitée et tout en contraste, mais personne n’est en reste. Mia Wasikowska porte un très beau rôle sur ses épaules, tout en subtilité, servant le film avec talent. Chaque performance, même la moins importante, est un régal de la première à la dernière seconde.

Mia Wasikowska. Définitivement, oui.

  • Plus une seconde à perdre

Ne perdons pas de temps avec plus de détails et plus de lignes. Il faut voir ce film de toute urgence. De par sa subtilité, son cynisme, la force de son propos et l’intelligence de son traitement, cet incroyable réalisation s’impose pour moi comme l’un des films les indispensables à voir de ces dernières décennies. J’insiste, et ce, sans exagérer !

Allez, La Bonne Bise