Il y a quelques temps de cela, je suis allé voir Split au cinéma. J’y suis allé par curiosité, charmé par les trailers mais bien conscient des faiblesses de son réalisateur. Ça paraît peut être un peu facile, mais pour moi, Shyamalan était devenu infréquentable depuis quelques films. Mais, aujourd’hui, tout est pardonné.

  •  Une histoire (presque) vraie

Je ne vais pas passer un paragraphe ou deux à taper sur le passé du monsieur derrière la caméra. Le passé, c’est le passé, et tout le monde a le droit à une autre chance. Même si, en ce qui concerne Shyamalan, on est plus proche de la dixième chance que de la seconde.

Un détail qui m’amuse lorsque j’y repense, c’est ma réaction lorsque j’ai vu le pitch du film. 24 personnalités en une personne me paraissait un peu beaucoup pour tout vous dire… Je me suis alors dis que Shyamalan partait mal et en faisait quand même beaucoup pour son retour…

Sauf qu’en fait, le film est inspiré de l’histoire vraie d’un homme souffrant d’une dissociation de la personnalité assez sévère et possédant… 24 personnalités. Vous imaginez ma surprise. Et avec le recul, je pense que l’inspiration du film est un détail qui peut tout autant fasciner que rebuter. Je vais expliquer cela sous peu, ne partez pas.

Ne partez pas, regardez comme il est mignon

  •  Comment ça commence ?

Trois jeunes filles sont enlevés par un homme, Kevin. Celui ci les séquestre dans un endroit qu’elles ne connaissent aucunement. Particulièrement froid, Kevin semble presque robotique lorsque les jeunes filles le découvrent plus en détails à leur réveil. Paniquées, elles font tout pour appeler à l’aide lorsque, par le trou de la serrure, elles semblent voir une femme arriver vers elle.

Mais cette femme est… Kevin, travesti. Se voulant rassurante mais n’accentuant que plus le malaise de la situation, la ‘’femme’’ s’en va. Plus tard, Kevin réapparaître au réveil des jeunes filles. Mais cette fois ci, il se présentera sous l’identité d’un enfant de 8 ans. Puis il sera de nouveau le Kevin froid du début.

Petit à petit, les morceaux du puzzle se mettent en place. Le film nous fait saisir l’importance de la maladie de Kevin en nous dévoilant quelques unes des 23 personnalités l’habitant. En soi, ce n’est pas Kévin qui est responsable de enlèvement. L’une des personnalités l’habitant semble d’ailleurs avoir pleinement conscience du problème et tente d’en avertir sa psychiatre.

Mais qui contrôle réellement le corps de Kevin ? Cette maladie est elle réelle ? Palpable ? Les jeunes filles vont elles arriver à s’échapper ? Et quelle est donc cette dernière personnalité dont ‘’Kevin’’ semble attendre la venue ?

Et puis là, n’est elle pas rassurante?

  • Une vraie maîtrise d’une renaissance cinématographique

De sa première à sa dernière image, le film est une réussite absolue. Techniquement, Shyamalan se surpasse comme ce ne fut jamais le cas auparavant. La construction narrative est savamment rythmée, les images sont belles, et le chef des opérations semble tout faire pour gommer ses tics de réal un peu lourds. Son habituel caméo est plutôt amusant et témoigne, à mon sens, de sa confiance envers le film.

Mais l’incroyable force du film réside bien entendu dans le personnage de Kevin. Car même si le reste du casting est d’un talent et d’une légitimité indéniable, James McAvoy porte le film sur ses épaules avec une puissance inédite.

Les nuances de son jeu arrivent à rendre sa performance à la fois hypnotique, drôle, touchante, rassurante et terrifiante, entre autres. Les entrevues avec sa psychiatre sont particulièrement prenantes en ce sens, concentrant presque tout ce qu’il y a besoin de saisir du personnage. D’autres scènes s’en trouvent alors sublimées, comme celle où l’enfant en Kevin se met à danser, ou bien encore, l’arrivée de la dernière personnalité et la ‘’confrontation’’ finale du film.

L’aisance est palpable

  •  Etre touché, et comprendre qu’on ne puisse pas l’être

Le film m’a réellement touché. Je ne vois pas réellement quoi dire de plus sans tomber dans un exhibitionnisme malsain, mais il est vrai que le film m’a réellement touché. Mais même si je conseille à tout le monde de le voir, je peux concevoir qu’il déplaise totalement. Et comme promis au début, j’y viens.

La maladie mentale, qu’importe sa nature, est quelque chose de difficile à concevoir pour une grande partie des gens. Alors même si l’histoire de Split comporte une grande part de fantastique et de surnaturel, je peux comprendre que les aspects les plus ‘’concrets’’ du récit puissent rebuter sous certains aspects.

Le jeu de McAvoy peut paraître ‘’too much’’ peut être. Tout comme on peut reprocher à un malade d’exagérer sa phobie, sa pathologie, ou que sais je, on peut éventuellement reprocher à McAvoy d’en faire trop. Mais ça serait mal connaître la réalité du combat que doivent mener chaque jour les gens souffrant de maladies que personne ne peut voir. Et je ne peux pas vraiment en vouloir à des gens qui ne savent pas. Mais je peux les encourager à se renseigner cependant !

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  • Une conclusion simple

Du coup, pour finir, je vous encourage à voir ce film.

Cinématographiquement, c’est une réussite totale. Non seulement ce film fait oublier les erreurs passées de Shyamalan, mais c’est clairement son meilleur film. Il parvient à rendre tout le reste de sa filmographie inutile. Il peut être fier

Humainement, en détachant le film de son aspect fantastique, il peut réellement toucher celui ou celle qui poussera un peu son immersion filmique. Et être touché, c’est bien.

Donc, n’hésitez SURTOUT pas et faites vous plaisir !