Moi j’aime bien les reformations. Personne n’aime ça, mais moi j’aime ça. Mais ce que j’aime un peu plus que ça, c’est l’honnêteté intellectuelle et artistique. Et lorsque je vois et j’écoute tout ce qui touche à Prophets Of Rage, je ne peux m’empêcher de réagir et de lever le poing. Pourquoi ? Découvrons le ensemble, sans plus attendre.

  • Ça commence comme une mauvaise blague

J’aime bien Rage Against The Machine et Audioslave. J’aime bien Cypress Hill et Public Enemy. Par contre je n’aime pas trop trop Street Sweeper Social Club . Pourquoi ? Car je vous l’ai dis plus haut, j’aime l’honnêteté intellectuelle et artistique. Et je déteste particulièrement lorsque l’on essaie de prendre les gens pour des buses.

Audioslave, malgré tout ses ratés et erreurs, était un groupe qui tentait de se détacher un peu de son image de base. Ok , ça n’a pas toujours été réussi, je l’admets sans peine. Mais au moins, ça tentait des trucs. Lorsque Morello a monté le Street Sweeper Social Club, la blague était déjà trop grosse pour être prise au sérieux. Le groupe n’a pas duré longtemps, et c’est surement aussi bien comme ça.

Mais voila qu’après quelques tournées lucratives avec Rage Against The Machine, le groupe décide d’en rester là. Zack retourne bosser sur son improbable album solo, et les musiciens du groupe décident de faire autre chose ensemble. Enfin autre chose… Après avoir vaguement reformé Audioslave pour quelques morceaux avant la mort de Cornell, pourquoi ne pas continuer à blaguer ensemble ? Puisque Zack fait la forte tête, pourquoi ne pas le faire sans lui ce nouvel album de Rage Against The Machine ?

La  »fine » équipe

  • Less Is More, une règle ne s’appliquant pas à l’inspiration

‘’Oh mais tu exagères Domino, cet album est quand même très différent de Rage Against The Machine !’’. Non, c’est faux. Si je reconnais les erreurs et les réussites d’Audioslave, si je concède un humour à Boots Riley que Zack de La Rocha n’a pas, vous pouvez et devez reconnaître que cet album est un album de Rage Against The Machine déguisé. De la même manière que Vista Chino n’est rien d’autre que Kyuss sans Josh Homme, ou les Insus sont les trois beaufs de Téléphone sans leur bassiste souffre douleur, Prophets Of Rage n’est rien d’autre que Rage Against The Machine sans leur chanteur. Et sans chansons. Et sans talent. Et sans intérêt du fait.

Quand est ce que Tom Morello a perdu définitivement l’inspiration ? Certains dirons que c’est juste après le premier album de son groupe d’origine. C’est faux, les deux albums qui ont suivis sont excellents ! A vrai dire, je ne saurais probablement pas répondre à ma propre question. Je ne suis pas dans la tête de Tom Morello et c’est surement aussi bien comme ça. Le mec doit se sentir atrocement seul et frustré de ne pas savoir renouveler son jeu depuis si longtemps… D’autant plus qu’il entraîne ses potes dans sa chute.

Car la section rythmique n’invente rien. Elle fait ce qu’elle faisait auparavant, depuis toujours. Elle est là, ULTRA reconnaissable et un peu transparente à la fois, puisque lassante. Les mecs ne se posent aucune question. Et le pire là dedans c’est que ni Chuck D, ni B-Real ne s’en posent. Leur flow est celui de Zack, ce qui est logique dans la mesure où les uns ont influencés l’autre mais bon… Quel est le projet ? Créer un truc ? Copier un truc ? Zack ne voulait pas lacher ses droits ? Et dis moi, Tom, pour ressortir encore et toujours les memes riffs et solos bruitistes, tu voudrais pas lacher ta guitare ?

 »Vous pensez que les gens remarqueront que Zack n’est pas là? »

  • Tout cela n’est pas très honnête.

Cet album est malhonnête, en plus d’être raté. Je ne sais pas vraiment quoi dire de plus. J’ai plus de respect pour un Billy Corgan reformant ses Smashing Pumpkins sans personne d’origine. C’est légitime, il en est le principal compositeur. Mais un compositeur sans inspiration tentant de camoufler son manque d’inspiration par un autre nom de groupe, ça ne passe pas. Il n’y a donc aucune raison de s’atarder sur cet album, la nostalgie n’étant même pas une excuse.

La Bonne Bise