Parfois les gens me parlent de leur rapport aux réseaux sociaux. Ce qui revient le plus souvent est cette notion de fatigue, de lassitude des gens répétant souvent les mêmes choses et les mêmes paradoxes. C’est bien vrai et souvent, je fais comme si ça ne me touchait pas. Plus précisément, je choisis de ne pas être touché par tout ça. Et puis le dernier album d’Orelsan est sorti. Et cette fois ci, les réseaux sociaux m’ennuient un peu.

  • Je ne comprendrais jamais

Il y a des notions que je ne saisirais jamais en art. Pourquoi continuer à parler de plaisir coupable ? Pourquoi continuer à entretenir ce cliché nauséabond de la qualité musicale absente dans la musique mainstream et uniquement présente dans la scène underground ? Et pourquoi, à l’époque de la VOD, des radios web thématiques et j’en passe, des gens se plaignent qu’on leur impose des musiques qu’ils n’aiment pas ? Je ne comprends pas.

Suis-je subversif car j’écoute du punk ? Suis-je subversif par que le rap jeu , c’était mieux avant ? Suis-je subversif car je ne fais pas comme tout le monde et que j’ai décidé d’écouter des trucs uniquement pas connus, que je rejette dès les moindres signes de succès ? Suis-je subversif parce que moi, par contre, j’écoute des trucs ultra pop alors que mes potes écoutent des trucs stoner et indé ? Suis-je subversif parce que je me pose ces questions ?

En musique, comme ailleurs, le communautarisme me fatigue. Je ne sais même pas quoi dire de plus. Tout le monde se pose bien trop de questions en oubliant de se poser la principale : est ce que tout cela est vraiment important ? Il serait tellement plus de se contenter de ressentir les choses. Et je suppose que, du coup, vous vous demandez légitimement ce que j’ai ressenti à l’écoute de cet album… J’y viens.

Insérez ici votre propre blague sur le single et son rapport avec l’album et la photo

  • Il n’y a que la vérité qui blesse, c’est bien connu

C’est très simple. Cet album est vrai, tout simplement. Il l’est dans son fond comme dans sa forme et c’est bien tout ce que je lui demande. Orelsan a 35 ans, j’ai quelques années de moins, et j’aime cet album car il me donne l’impression que j’aurais pu l’écrire. Il provoque des échos, des souvenirs, des rires, et quelques petites prises de conscience. Le temps passe, et c’est pas forcément simple à vivre. Je le savais déjà, mais c’est toujours bon de le rappeler. Ça fait réfléchir.

En ce sens, le fond de son discours se fait déjà bien différent de 95 % de ce qui compose la scène rap actuelle. Orelsan n’essaie pas de vendre un personnage stéréotypé de ganster. Ça ne serait pas très crédible, et il le sait très bien. Alors il s’amuse avec un personnage qui est bien plus que ça : c’est lui, tout simplement. Il n’y a pas de barrières, pas de filtres, rien qui ne parait too much. Orelsan, c’est ton pote un peu paumé, ou tout simplement, c’est ce que tu es sans vouloir te l’avouer. Parce qu’on est tous un peu paumés, même lorsqu’on essaie de jouer aux plus malins. Et si tu te dis en lisant cette chronique que, non, toi tu n’es pas comme tout le monde… Pose toi les bonnes questions.

C’est peut être ça qui gène certains d’ailleurs. Cette sensation de miroir sans avoir l’air d’y toucher. La proximité un peu trop palpable de tout ça peut être assez clairement gênante, je le conçois parfaitement. Mais toute ressemblance avec des événements ayant existé n’est ici pas fortuite. Et c’est ce qui donne à cet album toute sa saveur ainsi que toutes les raisons qui le font être aimé ou détesté.

Insérez ici une autre blague analogue à la première, mais relatif au katana

  • Ne plus se poser de questions, par pitié

Voilà donc un bien bel album à posséder. Il est touchant, prenant, vibrant, amusant, et j’en passe. Il est ce que la vie peut etre tout les jours, pour des gens de tout les jours. Je n’ai rien de plus à dire là-dessus. Faites vous plaisir.

La Bonne Bise