Comme son nom ne l’indique pas tout à fait, Morse est un film de vampires. Et comme il est plutôt excellent, il convient d’en parler avec une attention toute particulière. Je ne perdrais donc pas de temps à lister tout les mauvais films du genre pour démontrer à quel point celui ci est meilleur. Il n’a pas besoin de ça, il se suffit à lui-même. Ne perdons pas plus de temps, et parlons de Morse !

  • Le mystère de l’attirance

Pour tout vous dire, je ne sais plus du tout ce qui m’a attiré vers ce film. Est-ce son titre énigmatique ? Son casting totalement inconnu à mes yeux ? Peut être son thème ? Ou alors son esthétique particulière ? Il s’agit probablement d’une subtile alchimie entre tout ces éléments.

Morse est en effet un film suédois, 4ème de son réalisateur Tomas Alfredson. C’est un détail pour vous ? Figurez vous que pour moi, ça ne veut rien dire du tout car je connaissais absolument ce brave monsieur avant ce film. Mais à la suite de celui-ci, je ne peux qu’admettre une chose : Il a du talent, beaucoup de talent.

L’article à peine entamé, je mets l’ambiance

  • Il en faut peu pour être heureux

Le film nous conte l’histoire d’une certain Oskar, jeune garçon de 12 ans timide, chétif, blond, et qui plus est, coiffé comme Bernard Thibault. Clairement désavantagé par le destin, Oskar subit régulièrement le harcèlement des quelques loubards de son école. Oskar ne peut rien faire, Oskar se laisse faire. Le constat est clairement amer.

Alors qu’un soir, en plein désir de revanche et d’entrainement au couteau, Oskar rencontre Eli. Fraîchement arrivé dans son voisinage, la jeune fille sympathise avec le jeune garçon. Elle a 12 ans, elle semble habiter avec son père, tout semble relativement normal. Mais le fait que la demoiselle semble insensible au froid suédois intrigue Oskar. Tout comme le fait qu’elle ne sorte que la nuit.

Vous voyez où le film veut en venir ?

Oskar, le Bernard Thibault suédois, dans un excès de violence et de charisme

  • L’ambiguité

Je ne vous spoilerais pas énormément en vous faisant cette révélation mais, oui, Eli est un vampire. J’ai dis un vampire ? J’aurais du dire une ? Pour tout vous dire, je ne sais pas, car c’est là que se situe l’une des forces du film. Le traitement d’Eli, comme des autres personnages est d’une rare intelligence.

Dans ce film, tout semble plus ou moins ambigu. Qui est vraiment méchant ? Qui ne l’est pas ? Le film sait distiller nombre de questions au fur et a mesure de son récit sans jamais y répondre précisément. La nature vampirique d’Eli est assez clairement établi, mais ce qui l’entoure l’est beaucoup moins. Par exemple, l’homme avec qui elle vit n’est que très peu défini, sans que cela ne soit aucunement un problème narratif.

La nature de sa relation avec Oskar pose aussi un certain nombre de questions. En les voyant évoluer au fil du film, on ressent une réelle empathie pour leurs personnages, évoluant tout les deux d’une belle manière. Quelque chose de touchant se dégage de leurs échanges, tout en étant bizarrement intriguant.
Et puis lors de la dernière partie du film, le réalisateur semble se jouer de tout ce qui a été construit auparavant. Ce qu’il suggère arrive successivement à mettre mal à l’aise et à émouvoir. Le climax final, sa résolution et la fin ‘’ouverte’’ du film laisse réellement une sensation étrange, confirmant la réussite indéniable de sa proposition.

Une bonne proposition, c’est aussi un bon casting. Eli est, à ce propos, fantastique

  • La technique au service du narratif

Si l’on rajoute à cette très belle performance narrative et suggestive, une réelle réussite technique, le tableau est complet ! Et c’est le cas car d’un point de vue purement cinématographique, la maîtrise de Alfredson est palpable à chaque instant. La gestion de la lumière est absolument parfaite, installant des ambiances immersives avec une facilité déconcertante.

A ce propos, la scène de la piscine est un bijou de mise en scène et de réalisation, qui mérite à elle seule le visionnage du film. C’est aussi particulièrement sur cette scène que se joue quelques enjeux du film, particulièrement bien mises en avant à ce moment. C’est à voir, c’est à vivre, sans aucune modération !

Je ne sais pas quoi dire sur cette photo, mais après visionnage du film, vous comprendrez

  • A ne pas rater!

Pour finir, puisqu’il faut finir, je serais bref et concis : Il faut voir Morse sans plus attendre. Disposant d’une atmosphère assez unique et d’un traitement de son propos très original, le film est une perle à ne pas rater. Encore une fois, comme toujours, je le sais, vous m’en direz des nouvelles ! Sur ce, bon visionnage !

La Bonne Bise !