Allez, il est tôt, je me lance. Après avoir parlé du jeu 16 bits, de l’anime et du film, parlons enfin du jeu Final Fantasy XV ! Vous en aviez rêvé, je l’ai fais ! Et je parle bien sur de l’article, non pas du jeu ! Même si au vu du résultat vidéoludique, il aurait probablement été préférable que je m’occupe du jeu ! Sans plus attendre, parlons en long, en large et en travers de Final Fantasy XV !

  • 10 ans c’est long

On rappelle les faits ? Annoncé en 2006, dirigé par Nomura, Final Fantasy XV se nommait à la base Final Fantasy Versus XIII. Dirigé par Tetsuya avant d’être confié à Hajime Tabata, le projet se définissait à la base comme une interprétation très libre de ce que devait etre Final Fantasy. Plus sombre, plus shakespearien, le jeu promettait beaucoup. Beaucoup trop peut être ? Ce n’est pas exactement le problème.

Si vous avez suivi les épisodes précédents, qui sont disponibles là, là et là, vous avez peut être un aperçu du problème. Repris en cours de route par une équipe probablement un peu trop ou pas assez enthousiaste, le plus gros souci de ce quinzième épisode est son manque de cohérence. Mais ce souci évoqué dans ses a cotés ressurgit il sur le jeu principal ? Malheureusement, définitivement, oui.

Étrangement, c’est ce qui était le plus craint du jeu qui est le plus réussi: son équipe de héros masculins

  • Par où commencer ?

A une époque où l’on peut vendre sans honte des fins de jeux vidéo en DLC, Final Fantasy XV commence plus fort : Il ne possède pas d’introduction. Celui ou celle qui n’aura pas fait l’effort de voir Kingsglaive avant se trouvera en effet fort dépourvu pendant les premières heures de jeu. De toute manière, l’équipe n’a jamais été claire la dessus. A la base, le jeu était censé fonctionner sans le film. Puis il a été conseillé de le regarder avant, justifiant son existence par le besoin de fluidifier le rythme narratif du jeu en montant des éléments en un film. Et puis finalement le jeu se voit agrémenté dès sa première mise à jour d’extraits du film… Va comprendre…

Du coup, puisque Final Fantasy XV n’a pas d’intro, comment l’aventure commence ? C’est simple : par une panne de bagnole. Eh oui, madame, ça n’arrive pas qu’aux autres ! Noctis, le prince du Lucis, ainsi que sa garde rapprochée composée de Ignis, Prompto et Gladio, allaient en effet à la rencontre de Lunafreya, princesse de Tenebrae que Noctis doit épouser, lorsque la panne arriva… On commence donc l’aventure en poussant la voiture jusqu’au garage le plus proche. C’est un concept étonnant mais qui se défends.

Et si celui-ci se défends, c’est uniquement à travers le prisme de l’intention de base de Nomura, qui était d’offrir à ce Final Fantasy un contexte ‘’réaliste’’. Sur ce point là, le jeu se veut relativement cohérent. J’insiste cependant sur la notion de ‘’relativité’’ qui est réellement importante concernant l’ampleur du jeu.

Par contre, concernant le lien entre Noctis et son père, il n’y a rien de  »relativement » expliqué. Désolé

  • La cohérence, le réalisme et SURTOUT la relative tenue de tout ça

Sur les premières heures de jeu, le parti pris réaliste du jeu fonctionne tout à fait parfaitement. La première zone du jeu est assez grande, proposant un monde ouvert d’un joli petit effet et un rythme narratif tout à fait correct pour un début de jeu. Avant que les événements commencent réellement, on suit avec un réel plaisir les 4 protagonistes, qui sont suffisamment bien écrits pour devenir rapidement attachants. Dans le garage nous servant de point de repère, on retrouve Cindy ainsi que son grand père Cid, ce qui fera sourire les joueurs de King’s Tale, ainsi que les habitués de la série, à moindre mesure.

Un garage/station de service au milieu de nulle part, ça fonctionne. Que l’on puisse trouver un pseudo mini village/campement non loin de celui-ci, ça marche aussi. Découvrir un lieu dit avec un petit hôtel en son sein, ça fonctionne également. Mais qu’un monde ne soit composé que de ça pose un certain nombre de questions.

Car c’est bien ce que l’on découvre passé quelques heures de jeu. Le monde de Final Fantasy XV est en effet relativement petit. Lorsque l’on y réfléchit, il n’est composé que d’une ville principale assez petite et d’une infinité de stations services et lieux dits. Insomnia, la capitale est totalement non visitable (j’y reviendrais), Galaad, la ville évoquée dans Kingsglaive, n’existe pas, et Altissia ne sert principalement que dans le cadre de la narration. Et la seconde partie du jeu, dévoilant l’empire de Nilflheim…. Est quasi transparente.

Un vieux design des persos, probablement à l’époque où ils étaient dans un bon scénario

  • Tentative vaine de repli sur l’histoire

La désillusion sur la taille du monde de Final Fantasy XV aurait pu se trouver contrebalancé par une histoire incroyable. Ce n’est pas le cas. Il faut même signaler que la découverte de l’étroitesse du monde se fait à peu près en même temps que la découverte de l’absence de réel scénario. C’est dur.

Encore une fois, les premières heures sont malhonnêtes. Si l’on a eu le bon gout de regarder les films, tout ou presque fonctionne bien. Si quelques problèmes arrivent assez vite, notamment autour d’un personnage comme Cor qui semble important sans que l’on sache vraiment pourquoi, on se laisse happer avec plaisir par l’univers. Noctis commence le jeu de manière insouciante, ne se doutant aucunement de sa destinée. Lorsque celle-ci vient la rattraper, on désire en savoir plus. Et puis les choses avancent et… Ça ne fonctionne pas, sans que l’on sache vraiment pourquoi.

Si le point de départ du scénario est assez classique, puisqu’il s’agit ni plus ni moins d’une histoire de vengeance et de reconquête d’un trône, il s’avère que le problème ne vient aucunement de ce point là. Un commencement banal peut amener à un développement grandiose. Mais pour cela, il faut du talent. Et c’est là que le bas blesse. Pire que ça, il ulcère.

C’est grand hein? Ça donne envie d’être visité hein? Ça sera possible… Sur 4 rues. (sauf si vous profitez du bug permettant d’aller ailleurs dans la ville, permettant de découvrir les coins pas finis, mais chut)

  • Du je m’en foutisme caractérisé du scénario.

Clairement, le scénario s’en fout. Totalement, sans aucune honte et retenue, le scénario s’en fout. Prenons en pour preuve la quête des armes royales. Lorsque le roi Régis meurt (SPOILER, oups fallait le dire avant), et que Noctis l’apprends, il est amené à collecter les armes de ses prédécesseurs et ancêtres pour acquérir la force nécessaire pour combattre l’Empire. C’est en quelque sortes annoncé comme indispensable et non négociable. Jusque là, tout va bien.

A ce moment du jeu, je pensais qu’une grande partie du jeu allait m’amener à partir en quête de ses armes. J’imaginais alors la chose de manière épique. Me venait alors des images de recherches, de combats avec d’autres personnes voulant s’en emparer, de questionnement, de remis en questions, etc etc… Si les 3 ou 4 premières armes correspondent à ce schéma, les scénaristes ont du vite se sentir fatigués de chercher une justifications pour chacune puisque passées celles-ci, tout change. La quête des armes devient alors une quête secondaire non obligatoire, amenant même à en découvrir certains par hasard. Oui, par hasard, vous avez bien lu, comme lorsqu’après avoir battu un dinosaure dans un complexe futuriste au milieu d’un temple ancien, une arme est apparue par terre, probablement vomi par le dit dinosaure. Tout va bien.

Avantage inutile: Dans FFXV, l’essence ne coûte rien

  • Du je m’en foutisme caractérisé du scénario II.

Puisque l’un des principaux problèmes du jeu se situe à ce niveau, continuons. Les invocations du jeu souffre du même souci. Au départ, on nous les présente comme indispensable à Noctis, dur à obtenir etc etc… Je me souviens même qu’avant la sortie du jeu, Tabata en parlait comme des personnages à part entière, agissant pour leur intérêt propre et qu’il allait être nécessaire de convaincre pour les rallier à notre cause. C’est cool, ça promet une aventure de fou ça.
Sauf que dans le faits, encore une fois, c’est… Différent. Titan s’obtient en effet après un combat fort impressionnant (qui mérite presque l’achat du jeu à lui seul, en promo cependant faut pas déconner), Leviathan dans un schéma similaire et ensuite… Plus rien.

Ramuh s’obtient en touchant des cristaux à trois points différents de la carte. Il est à noter que le jeu est tellement mal écrit que j’ai du me retaper le chemin vers un cristal deux fois, m’y étant rendu avant l’enclenchement de la quête. Sa psychologie n’est jamais évoquée ni quoi que ce soit cependant. Shiva se révèle être une personnage secondaire et s’obtient automatiquement lors d’une scène, ne dévoilant pas grand-chose de plus sur sa personne. Et Bahamut s’obtient d’une manière similaire, agissant une seule et unique fois dans le jeu, de manière totalement scriptée et face à une invocation que l’on obtiendra pas, puisque celle-ci a trahi son camp sans qu’il ne soit jamais expliqué ni pourquoi, ni comment.

Merci à Tabata, c’est merveilleux.

Je sais… Vous espérez pouvoir voguer sur la mer et explorer le monde? Eh bien… Ça ne sera pas possible non plus, la scène est scriptée. Bisous

  • L’incompétence à tout les niveaux d’écriture

Voilà donc le principal problème du jeu : c’est mal écrit. Pire que ça, ce n’est d’ailleurs même pas réellement écrit. Les événements s’enchaînent, sans que l’on comprenne toujours le pourquoi du comment, nous amenant à lier vaguement les choses entre elles de par notre imagination.

Il devient alors très difficile de se sentir impliqué à certains moments clés de l’histoire. Si les 4 personnages principaux sont bien écrits et leurs relations très bien mis en scène dans les moments jouables et non jouables, le reste du casting est d’une transparence affolante.

Comment se sentir touché par le sort de Lunafreya si le film n’a pas été vu auparavant ? Et même avec cela, le personnage étant tellement différent entre les deux versions, peut on réellement blamer le joueur qui ne fera pas la gymnastique mentale permettant de lier les deux ? Comment comprendre le changement de personnalité de Ravus entre le film et le jeu ? Qui est réellement Cor dont on ne sait rien ? Pourquoi Aranea, teasée depuis des années comme une femme forte et antagoniste puissant, est finalement une simple mercenaire sans fond, changeant de camp sans raison à la fin du jeu ? Pourquoi certains persos des œuvres précédents ne servent à rien ici ? Qu’est ce que ce passage complètement random avec Jared ? Et pourquoi, on ne sait rien ou presque sur Ardyn qui est censé être le PUTAIN D’ANTAGONISTE PRINCIPAL ? POURQUOI ?

Mais vraiment… Pourquoi Aranea?

  • La consolation du Gameplay (et de quelques a cotés)

Une fois accepté le fait que l’histoire de ce Final Fantasy n’arrive même pas à la cheville du second épisode (c’est dire), il reste alors la consolation du gameplay. Et si celle-ci est faible, elle est cependant ‘’relativement’’ présente.

Final Fantasy XV est en fait un crossover Final Fantasy/Monster Hunter. C’est la seule et unique consolation du jeu, et elle tient juste à un système de combat dynamique, réaliste, qui permet de remplir des missions de chasse avec un certain plaisir. C’est peu, mais c’est tout.

Car le système de combat, bien qu’imparfait en raison d’une caméra complètement aux fraises, est plutôt bon. On peut le voir comme une Kingdom Hearts réaliste, avec une utilisation des magies un peu en retrait et plus stratégique qu’a l’accoutumée. C’est loin d’être bête.

La musique reste également un réel point fort du titre, indéniablement. Les compositions parsemant le jeu servent la notion de voyage qu’il véhicule, ainsi que les quelques rares moments de narration qui marchent. C’est déjà ça. C’est peu également, mais c’est déjà ça.

La voiture volante. Devinez quoi?

  • L’avenir du jeu.

Avant d’arriver à cette conclusion, je voudrais attirer l’attention sur un point. Le jeu n’étais pas encore sorti qu’il était déjà annoncé avec des DLC à venir. L’idée peut paraître folle, mais elle ne l’était pas totalement. Les DLC en question proposaient en effet de contrôler les autres personnages du groupe, dans des histoires qui leurs sont propres, Noctis étant le seul personnage jouable du jeu. Dans l’idée, je dis pourquoi pas.

Le premier DLC de personnage étant sorti, dans les faits, je dis non. Bénéficiant d’une durée de vie ridicule (1h30, à peine) , d’un scénario ridicule ne justifiant qu’à peine son existence, l’existence de ce DLC dessert plus le jeu que l’inverse. Et les autres DLC annoncés ne présagent rien de bien meilleur.

Outre les épisodes consacrés à Prompto et Ignis, le reste est sans intérêt ou totalement utopique. Dans la première catégorie, on placera un très beau DLC permettant à l’équipe de revêtir des costumes de Power Rangers, retardé depuis pour… accusation de plagiat d’œuvres sentai. Bravo les gars, bien joué. On rappellera aussi l’utilité du premier DLC nous plaçant dans un rêve de Noctis… Rêve qui nous amène a un carnaval de chocobo. Merci c’est top.

Et dans la seconde catégorie, on notera la volonté de Tabata de proposer des DLC sur Ardyn, ainsi que sur un trou de dix ans dans le scénario, afin de compléter l’histoire. Le planning de DLC étant prévu jusqu’à fin 2017, quand est ce qu’il compte sortir les autres ? En 2018 ? Désolé de lui dire, mais tout le monde aura oublié le jeu d’ici là.

Et voilà pourquoi tout le monde aura oublié Final Fantasy XV en 2018. Oublions tout ça, attendons le vrai prochain projet de Nomura: le remake de Final Fantasy VII. Sauve nous, Nomura

  • La conclusion, suivi d’une cure de sommeil pour ma part

Pour terminer, je n’irais pas par quatre chemins. Il y a deux manières de prendre ce Final Fantasy, je vous laisse la choisir.
Vous pouvez le prendre pour ce qu’il est, c’est-à-dire un projet ambitieux qui a été repris par des incapables. Vous découvrirez alors, avec beaucoup d’amertume, l’ampleur des dégâts. Bon courage!

Vous le prenez comme un spin off bancal de Final Fantasy. En tant que crossover Monster Hunter, avec en toile de fond un scénario moyen, ça fonctionne presque.
Quoi qu’il en soit, pour ma part, il est ma seule et unique réelle déception concernant la licence Final Fantasy. Il arrive même à me faire préférer Final Fantasy XII qui jusque là, ne me plaisait guère, c’est dire….

La Bonne Bise