Quelque part, je ne sais jamais quoi réellement penser des films de guerre. Ils peuvent être très bons, comme très mauvais, c’est un fait, mais le souci n’est pas réellement là selon moi. Comme j’en discutais à la fin de la séance de Dunkerque avec mon ami réal, c’est la question de la légitimité qui se pose. Car même si le film est bon, parfois l’interrogation reste en suspens sur ce qui légitimise le film.

  • Des questions, toujours des questions

D’ailleurs, autant être honnête, je n’avais à la base pas grande envie d’aller voir le dernier Christopher Nolan. J’aime le travail du monsieur, mais si son ‘’Interstellar’’ ne m’avait pas déplu, il m’avait laissé dubitatif. Était il aussi bon qu’on le lisait ici et là ? Était il aussi mauvais ? Quelle était vraiment la finalité de ce film ? C’est un peu toujours la même question : Et si le fait qu’un film soit bon ne suffise parfois pas ?

On peut lire ce genre de choses à propos de ‘’Dunkerque’’. De belles images, de belles performances, mais un fond qui serait, selon certains, manquant. Je ne suis pas exactement d’accord. Pour tout vous dire, je suis même profondément en désaccord tant le propos de fond éclabousse le spectateur tout au long du film. Il faudrait même être profondément aveugle pour ne pas le saisir.

La chronique arrive, les soldats sont inquiets

  • L’anonymat

Comme son nom l’indique avec un certain sens de la subtilité, le film nous parle de la Bataille de Dunkerque. C’est bien vu, non ? En se concentrant sur ce qui est désigné comme l’opération ‘’Dynamo’’, le récit nous fait vivre les événements selon différents points de vue. On se retrouve parfois en mer, parfois sur la plage, parfois dans les airs, parfois sur terre ! Dit comme ça, on pourrait croire qu’on s’y perds, mais ce choix n’est là que pour appuyer la force de son propos.

En choisissant de ne nommer presque aucun de ses personnages, en choisissant de limiter les dialogues et d’éclater son récit, Christopher Nolan offre à son film une ambiance parfaitement hypnotisante. Si certains déplorent le manque d’informations sur les différents personnages, il semble pourtant être au plus proche de la réalité de la guerre. Sur un champ de bataille, chaque individu est à la fois tout le monde et personne. C’est aussi simple que ça.

Soutenu par une mise en scène extrêmement maîtrisé, alliant un réalisme certain à une esthétique poussée, le film ne met pas beaucoup de temps à fonctionner à plein régime. Il n’y a pas réellement besoin d’exposition, ni même d’introduction, pour comprendre qu’il est question de survie. Le travail sonore effectué sur le film est également d’un niveau très impressionnant, donnant un relief terriblement tendu à ce qui se passe à l’écran. C’est du travail d’orfèvre.

Regardez moi comme ce plan est bien composé

  • Rester simple

Dunkerque est donc un film à voir, sans trop hésiter. Si bien sur, on peut se demander la raison qui amène à faire encore un film de guerre, le  »simple » hommage peut offrir une raison tout à fait satisfaisante. Le film étant bon, on peut quelque part dire que l’équilibre se fait tout seul.

Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire !

La Bonne Bise !