Mais dites moi, ça ne parle pas beaucoup de littérature sur ce site ? C’est vrai, j’en conviens, si ça ne manque pas de lecture, celle-ci est récemment au sujet de ce que je lis. Réparons ça en parlant d’un livre qui m’est précieux : Date Limite de Jean Alessandrini.

  • L’enfance

Enfant, j’ai fais ma scolarité dans une toute petite école de campagne. On était un vingtaine toute classes confondues, tous encadrés par un instituteur absolument fantastique. Lorsque ma classe de CM2 est parti au collège, notre cher instit nous a offert un petit livre pour marquer le coup. Nous connaissant bien, il a su saisir assez parfaitement ce qui était à même de nous plaire.

Date Limite est donc le livre qui m’a été offert. Avec le recul, je trouve son choix judicieux et quelque peu perturbant à la fois. Qui offrirait à un enfant de dix ans un livre traitant, en quelques sortes, de la fin du monde ? D’autant plus que, si mon souvenir est exact, mes camarades de classe ont tous eu des livres plus terre à terre. Il faut donc croire qu’indéniablement, ce cher monsieur avait plutôt bien saisi mon esprit… particulier dirons nous.

L’homme qui signe le bouquin

  • Un bon bouquin, voila tout

Bon, que ce soit clair entre nous : Date Limite n’est pas un monument de littérature. Si vous êtes habitué à lire des prix Goncourt, il ne changera pas votre vie. Mais l’intêret, tout comme la vérité, est ailleurs. Date Limite est, simplement, un bon petit livre garantissant un bon moment. Il est bien écrit, dynamique, rythmé. Et ce genre de qualités fait toujours plaisir à voir.

L’histoire nous parle d’un homme au nom improbable, Maximilien Crible. Je me souviens, qu’enfant, la sonorité bien particulière de cet ensemble m’avait frappé. Mais qui est Monsieur Crible ? C’est un homme veuf, relativement détaché des choses. Sa défunte femme lui apparaît régulièrement, commentant sa vie et sans qu’il soit possible de savoir la vérité sur la nature de sa présence. Illusion ? Folie ? Réelle apparition ? Le livre ne le dit pas vraiment, et c’est aussi bien.

Ce que le livre dit par contre, c’est qu’en se levant le 15 juin 2004, Max a une surprise. Son calendrier n’affiche pas la date du lendemain, ni aucune des dates suivantes. En même temps, son équipement de maison commence à lâcher. Et puis son train tombe en panne en allant au boulot, tout comme la climatisation, alors qu’il fait une chaleur étouffante. Une sale journée en apparence ? C’est bien plus que ça….

Je remets la photo pour que vous profitiez bien de la moustache

  • Ne pas se fier aux apparences

Confrontant rapidement le détachement de son héros au pragmatisme robotique d’un super ordinateur nommé Antisphynx, le livre traite de la fin du monde avec une aisance certaine. Sous sa simplicité apparente se cache une réelle interrogation sur la notion de deuil, d’humanité, et de conception de la fin, que celle-ci soit personnelle ou universelle. Sans jamais imposer de réponses, il permet l’exploration de quelques pistes fort intéressantes sur le sujet.

Je tiens à ce livre comme on tient à un bon souvenir. Peut être que le temps l’a un peu modifié pour n’en garder que le meilleur, certes, mais est ce vraiment si grave ? Ce livre est court, bon, efficace et démontre un réel talent d’écriture de la part de son auteur. Alors, si vous avez un enfant de dix ans un peu curieux et un peu spécial, n’hésitez pas. Une fois qu’il l’aura fini, il pourra vous le prêter !

La Bonne Bise