Ça fait trois fois que j’essaie d’écrire un article sur Black Mirror. Pourquoi tant de difficultés à parler de cette série que tout le monde semble unanimement apprécier ? Je ne sais pas, je crois que j’ai du mal avec l’unanimité. Ça vous parait subversif ? Ce n’est pas exactement le cas !

  • Pourquoi? Pourquoi Pas?

Si ce n’est pas exactement le cas, de quoi s’agit-il exactement ? Je ne sais pas, comme je ne sais pas pourquoi on aurait forcément besoin de classifier les choses. Peut être que je n’ai pas envie de dire si j’aime ou pas cette série, peut être que je n’ai pas envie de choisir. Après tout, la question n’est pas forcément toujours ‘’Pourquoi ?’’, elle peut également être ‘’Pourquoi pas ?’’.

C’est d’ailleurs un peu ce que je me suis dis en lançant le premier épisode. Pourquoi devrais je passer à coté de cette série que l’on me décrit avec un enthousiasme palpable ? Mais en même temps, pourquoi devrais je me sentir obligé de l’apprécier ? J’avais peur, en débutant cette série, de me retrouver devant le même problème que Walking Dead. C’est-à-dire ? Une série incroyablement surcotée et sans intérêt. J’en parlerais un jour, peut être, si j’ai le temps.

Ce ne fut pas le cas cependant. Black Mirror n’est pas une mauvaise série et ce bien qu’elle soit, à mon sens, un peu surcotée. Et ce même si son contexte excuse autant d’erreurs qu’il n’en crée. Car c’est vraiment de l’une de ses forces que vient l’un des principaux soucis de la série à mon humble avis : sa volonté de créer des saisons et des épisodes totalement indépendants. Je m’explique.

Je m’explique, mais je n’expliquerais pas cette image

  • Court circuiter un problème pour…

Une grande partie des séries souffrent d’un problème récurrent : le remplissage ou les épisodes ‘’fillers’’. Tout le monde s’est retrouvé un jour devant ce genre d’abominations. Le schéma est simple : une histoire avance bien, on s’attache aux personnages, le suspense monte et puis un jour, on se retrouve face à un épisode sans intérêt nous présentant un ‘’événement’’ sans intérêt. Pourquoi doit on subit cela en tant que spectateur ? La réponse devrait vous paraître évidente après quelques secondes de réflexion.

Black Mirror règle ce problème par son principe d’épisodes et de saisons indépendantes entre elles. C’est une excellente idée, permettant de faire preuve d’une réelle inventivité sur certains scénarios. Le tout premier épisode donne le ton par exemple. Tournant autour de l’enlèvement d’une duchesse et l’ultimatum particulièrement vicieux qui est donné au premier ministre britannique pour assurer sa survie, il surprend par son propos et la manière dont il le traite. La justesse et l’absurdité de sa finalité frappe assez nettement l’esprit, prouvant ainsi toute la maîtrise de son écriture.

Et des histoires bien écrites, cette série n’en manque pas. Le seconde épisode de cette première saison est du même niveau, transportant l’action dans un futur sombre dont on ne sait que peu de choses. L’histoire est subtile, bien amenée, posant de vraie question sur la nature humaine et sa capacité à plier ou à se rebeller. Mais dès le troisième épisode, quelque chose commence à clocher.

Cet épisode fonctionne très très bien!

  • … En créer un autre

Le premier problème vient d’un manque d’inspiration. Lorsque c’est au bout d’une dizaine de saisons, ça peut se comprendre. Lorsque c’est seulement à la fin de la première, c’est autre chose. Car si vouloir renouveler sans cesse sa ligne scénaristique est fort louable, l’exercice est bien plus ardu qu’il n’y parait. Et la seconde saison confirme cette impression.

Elle commence fort, intrigue, puis se perds dans quelque chose d’un peu plus dispensable. En même temps que certaines faiblesses d’écriture, apparaissent d’autres soucis. Parfois dirigé un peu approximativement, le casting semble parfois se perdre dans des jeux d’acteurs assez approximatifs. Ceux-ci finissent alors par mettre aussi en exergue des véritables faiblesses ou trous scénaristiques. C’est un souci assez conséquent, vous en conviendrez.

Et c’est ainsi que la série finit dans une impression assez mitigée. La fascination qui opérait au départ disparaît dans les derniers épisodes d’une troisième saison longue et bien peu inspirée. Un jeu vidéo un peu trop réaliste qui s’implique dans l’inconscient d’un joueur ? Pourquoi pas, oui, mais servi par un acteur n’en faisant pas des tonnes, ça aurait été mieux ? Une sombre histoire pointant du doigt les dérives du voyeurisme virtuel ? Bien sur, avec plaisir, mais avec un peu plus de subtilité dans le développement de son personnage principal si possible.

Par contre, cet épisode ne fonctionne pas du tout

  • Ni oui ni non, tout simplement

Alors, en attendant la nouvelle saison que je regarderais avec une certaine curiosité, voilà mon constat : Black Mirror, c’est bien, mais c’est pas top non plus. Je suis a peu près sur que je ne relancerais pas la série pour passer le temps, même si le temps passé avec elle ne fut pas désagréable. Encore une série surestimée ? Oui et non. Le souci n’est pas aussi gros qu’avec Walking Dead mais pourrait bien devenir analogue si la prochaine saison ne vient pas remettre les choses à niveau !

La Bonne Bise