Très souvent, les adaptations posent des questions. Est-ce assez fidèle ? Les ajouts sont ils légitimes ? Les retraits le sont ils davantage ? Il n’est jamais réellement aisé de répondre à l’ensemble de ces interrogations ! Cependant, il existe un excellent moyen d’apporter une résolution à ce problème. Et American Psycho en est un excellent exemple.

  • Qu’est ce qu’une adaptation?

En fait, j’ai le sentiment profond que les gens ne comprennent pas le sens du mot ‘’adaptation’’. Prenons un exemple simple, lorsqu’une chanson anglaise est adaptée dans une autre langue, peut on raisonnablement lui reprocher de ne plus être en anglais ? La réponse est bien entendue négative puisque le principe d’adaptation se trouve justement dans le fait d’adapter. Ça parait bête mais c’est une notion à bien saisir avant tout !

Une fois que cette notion est parfaitement assimilé, on peut donc balayer du revers de la main une grande partie des critiques que l’on peut lire sur le film. Pour faire simple et résumer ma pensée avec une efficacité redoutable, je m’en tiendrais à une idée maîtresse. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Patrick réfléchit au sens du mot  »adaptation »

  • Christian Bale est Patrick Bateman

Christian Bale, alias le meilleur Batman, incarne donc Patrick Bateman. C’est rigolo, non ? La coïncidence ne va pas réellement plus loin, puisqu’en dehors de ce patronyme assez proche ainsi qu’une situation financière assez confortable, Bruce Wayne et Patrick Bateman n’ont que peu de choses en commun.

Patrick est en effet plutôt particulier, et bien au delà de ce que Christian Grey définit comme tel. Un poil maniaque, un chouia associal, mais aussi clairement dérangé psychologiquement, Patrick ne va pas bien. Il est riche, son appartement est luxueux, son boulot paie un max et sa copine est jolie, mais rien n’y fait, Patrick va mal, très mal.

Se dissimulant sous un masque d’apparente perfection, ainsi que derrière une sorte d’humour absurde un peu cynique, Patrick donne le change du mieux qu’il le peut. Mais la vérité ne se laisse pas si facilement transformer et un détail peut devenir quelque chose d’absolument abominable pour lui. C’est, quelque part, en cela que le film diffère du livre.

Patrick, en tout simplicité, mais pas que….

  • Le livre n’est définitivement pas le film

De mon point de vue, le livre et le film n’abordent pas exactement les mêmes sujets. Le livre se présente en quelque sorte comme une critique de la société dans son ensemble. Il désigne ses automatismes, sa robotisation humaine, son conformisme et l’aliénation que peut créer une société devenue quasi mécanique. Le personnage de Patrick y est central, mais il est tout aussi déshumanisé que l’ensemble de son environnement.

Si Patrick parait déshumanisé au premier abord, le film lui donne une consistance supplémentaire qui vient supplanter le sujet de base. Le film ne parle plus de la société, mais il parle clairement de Patrick. Et c’est là qu’est toute la différence et la maestria du film. Il se fait touchant, marquant, là où le livre n’effleurait qu’à peine ce genre de sentiment.

Sa mise en scène est assez minimaliste, et le jeu de Christian Bale convient parfaitement à son personnage. Sa fausse retenue permet de faire ressortir avec flamboyance ses écarts de comportement. Une carte de visite plus soignée que la sienne ? Patrick en fait une humiliation en public. Une réservation impossible dans un restaurant huppé ? Il en fait une raison de tuer. Tout semble extrême et surenchère chez ce personnage bien peu aisé à saisir.

Son style vestimentaire n’est pas aisé à saisir non plus!

  • Bien entendu, c’est à voir!

C’est cette différence de traitement et de mise en avant qui fait toute l’attrait du film par rapport au livre. En gommant l’austérité de ce dernier, en offrant une place plus humaine à son personnage principal en traitant sa monstruosité différemment, il pose de vraies questions. Qu’est ce qui amène Patrick à ses débordements ? Pouvons nous réellement le juger ? Qui est il vraiment ? Que fait il vraiment ?

Le film est donc à voir et ce, totalement indépendamment du livre s’il vous plait. Encore une fois, on parle ici d’une adaptation ! Alors qu’on ne vienne pas m’embêter avec certains considérations à ce sujet !

La bonne bise !