Il y a des groupes cultes qui ne me font rien et Noir Désir en fait partie. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais ça ne me provoque rien de particulier. Parfois, dans ces groupes cultes, je trouve qu’un membre s’en sort bien mieux en dehors de ce cadre ‘’imposé’’ que peut représenter son groupe d’origine. Serge Teyssot-Gay en fait partie, et son premier album solo ‘’Silence Radio’’, le prouve.

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  • Noir Hot Chili Désir

D’une certaine manière, de mon point de vue, Serge Teyssot-Gay est un peu une sorte de John Frusciante à la française. Son groupe d’origine n’est pas mauvais, mais semble le limiter artistiquement. Par conséquent, lorsqu’il s’échappe de son format habituel, l’étendue de son talent explose.

‘’Silence Radio’’ est la toute première production solo de l’ami Serge. Sorti en 1996, en parallèle de ‘’666,667 club’’, il préfigure en quelques sortes l’ensemble de ses travaux à venir. Ici, il n’est pas réellement question de chansons, de refrains, de couplet ou de quoi que ce soit du genre. L’album se concentre sur des textures, des ambiances, faisant de celui-ci une œuvre assez inattendue et impalpable.

Serge, en plein effort, sur son premier effort

  • Peindre le son avec grace

L’album est court, avec des titres ne s’étendant que peu. Mais ceux-ci sont d’une telle cohérence, s’imbriquant les uns dans les autres avec une telle facilité, que l’on ne ressent aucunement la durée du disque comme un souci.

De toute évidence, dès le premier morceau lancé, le temps n’a plus d’importance. La musique de Serge échappe à toute tentative de classification. Tel un peintre, il semble dessiner progressivement des paysages sonores en clair obscur, seulement guidé par son instinct. Les guitares sont rugueuses, la voix se fait rare et importante à la fois. L’équilibre semble fragile et fort à la fois, ne laissant jamais deviner son issue.

Chaque note semble à sa place, provoquant autant de chaleur que de diffus malaise. Si les repères sont chamboulés plus d’une fois, jamais l’immersion immédiate du disque ne se laisse éteindre. Lorsqu’un instant semble nous faire sortir de l’album, l’instant suivant nous y ramène immédiatement. Et lorsque la fin arrive, on ne sait plus quoi penser. Est-ce suffisant ? Est-ce trop court ?

Le mec s’en fout, il joue avec une baguette

  • Pour les fans et les curieux

Et puis finalement, entre nous, qu’importe la durée non ? Ce premier effort en solo de Serge étant une réussite complète et totale, le reste n’a que bien peu d’importance !

Que vous ayez un penchant pour Noir Désir ou pas, ce disque mérite d’être écouté et d’avoir une belle place dans votre discothèque ! N’hésitez pas !

La bonne bise !