Voila un jeu qui, depuis toujours, m’obsède. Son écriture, son ambiance, ses graphismes, son histoire… Tout ça fait désormais partie de moi. Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est car je ne peux plus garder ça pour moi. Je dois vous montrer le chemin, je dois vous parler de Killer 7.

  • Jean-Pierre

Peu de gens connaissent ce jeu. Autour de moi, même les plus gamers de mes proches gamers ne me disent jamais rien de plus que « ah oui, j’en ai vaguement entendu parler… C’est un FPS, non ? ». Ben non, Jean Pierre, ce n’est pas un FPS ! Et si je m’étendrais pas sur une définition hasardeuse de Killer 7, c’est car il ne se définit pas. Il se vit tout simplement.

Oh je sais bien ce que vous vous dites, bande de malappris ! Mais je ne m’en soucie guère ! Killer 7 fait en effet partie de ces jeux qui ne peuvent se ‘’résumer’’ que par le terme d’expérience. Il n’a que faire des exigences de gameplay, des canons de game design ou des conventions scénaristiques. Killer 7 est un projet fou, par un fou, pour des fous.

Voila le responsable

  • Sourires Céléstes

Killer 7, comme son nom le laisse supposer, parle de tueurs. Ceux-ci sont en effet au nombre de 7, avec cependant une particularité assez inédite : en dehors de Harman Smith, ils sont tous et toutes des personnalités différentes de ce même Harman. On trouve donc, dans la tète de Harman, Garcian, Dan, Kaede, Coyote, Con, Kevin, Mask de, tous portant le nom de Smith. Chacun possède une capacité particulière et peut se matérialiser physiquement au bon désir de Harman selon ses besoins.

Tout ce petit monde vit dans un mobile home dans la banlieue de Seattle. C’est ici que cette petite ‘’troupe’’ reçoit ses missions et voit les jours passer. Le monde où se déroule le jeu pourrait être le notre, encore une fois à quelques détails près. En effet, si depuis quelques années, le terrorisme semble totalement éradiqué de la planète, le problème semble refaire surface depuis quelques temps.

La menace qui plane sur le monde porte le nom de ‘’Sourires Célestes’’ et est mené par un homme du nom de Kun Lan. Celui-ci est un ancien ennemi de Harman, qu’il aurait cependant tué il y aune trentaine d’années. Que fait il ici ? Comment a-t-il survécu ? Dès son point de départ, le jeu pose nombre de questions. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

La puissance du minimalisme

  • 51 nuances de Suda

Si le scénario semble au premier abord un peu classique, rassurez vous, ce n’est pas le cas. En partant d’une intrigue de départ assez convenue (quoi que), l’univers de Killer 7 tisse un univers tentaculaire et schizophrénique du plus bel effet. Suda 51, l’auteur et réalisateur du projet, offre à ses personnages et à son propos un cadre entre l’absurde et le surréalisme.

Que ce soit dans ses thèmes ou dans la manière de les aborder, Killer 7 adopte toujours une vision très personnelle des choses. Dans cet univers, les morts reviennent à la vie ou ne la quittent jamais vraiment. Des têtes coupées se permettent de donner des conseils aux héros entre deux confessions sur leur vie. Des monstres explosent après des éclats de rire. Si ce monde semble n’avoir aucun sens, ce n’est pas exactement le cas. Pour être tout à fait précis, ce monde part dans tout les sens mais en gardant toujours sa cohérence.

Dans son imagerie ou dans son propos, le jeu crée une constante tension. Le ressenti oscille entre le cauchemardesque et la psychose. Il n’y a pas de demi mesures dans ce que propose Suda 51, le créateur. Sa manière de mêler intrigue politique, conflit personnel mystique et absurde ne souffre d’aucune limites. La folie de son univers parvient même à ressurgir sur son gameplay.

Kaede, unique personnalité féminine du groupe

  • Un gameplay réellement inédit

Car s’il y a bien une chose qui a surpris et désappointé les joueurs, c’est la proposition même du jeu. Son gameplay s’amuse à brouiller les pistes sans arrêt, non pas en multipliant les idées de jeu, mais en cherchant des manières de l’aborder inédites. Par exemple, si les chemins de déplacement sont imposés, ce n’est que pour aller dans le sens d’une idée de l’intrigue. La fausse linéarité du titre n’est là que pour appuyer un trait de son scénario.

Je l’ai dis plus haut, certains ont parfois défini le jeu comme un FPS. Et je l’ai également dit, c’est faux. Pourquoi ? Car si les séquences de combat sont en vue subjectives, elles empruntent autant de codes au FPS qu’a des vieux shooters comme Time Crisis. Ringard vous dites ? Loin de là. Killer 7 tort avec tant de brio milles codes qu’il en fait oublier son époque.

Et que ce soit graphiquement ou musicalement, la réussite se poursuit dans les moindres détails. Graphiquement, la manière dont la technique du cel shading est elle aussi détournée fait plaisir à voir. C’est sale et propre à la fois, et ça ne fait qu’accentuer l’étrangeté du jeu. Au niveau de la musique, la perfection est palpable à travers une bande originale très diversifié et cohérente à la fois. Musique cubaine, électro, guitare désaccordée et j’en passe, le spectre musical est large et grisant.

Dan, l’une des personnalités les plus importantes

  • Désormais, vous savez

Pour toutes ces raisons, et surement d’autres, Killer 7 est un de ces jeux rares qu’il ne faut pas rater ! C’est une expérience puissante, inspirante, et totalement à part qu’il faut avoir vécu dans sa vie de joueur. Alors, c’est un ordre, lâchez tout ce que vous faites et partez à la recherche de cette merveille ! N’insistez pas, je ne vous laisserais pas le mien !

La Bonne Bise