Mardi soir, j’ai vu Deftones pour la seconde fois de ma vie. Mardi soir, j’ai pu toucher Chino Moreno, et hurler avec lui le refrain de Teething, à quelques centimètres à peine de lui. Dans une certaine euphorie depuis lors, l’occasion est parfaite pour vous parler d’un des albums qui a le plus compté pour moi dans la discographie du gang : White Pony.

  • Le contexte

Je n’ai pas découvert Deftones avec cet album, mais il fut longtemps le seul album que je possédais du groupe. Autant dire que son achat a été largement rentabilisé tant il fut réécouté sans cesse. Je pense en connaitre chaque note, chaque nuance, chaque petite ligne de chant. Et pourtant j’ai presque le sentiment de le redécouvrir à chaque écoute !

Pour replacer les choses dans leurs contextes, ce serait peu dire que d’affirmer que cet album marque un tournant dans l’histoire du groupe. Si vous ne le saviez pas, Deftones a commencé en étant vaguement néo métal. Je dis bien vaguement car il n’y a jamais eu, à mon sens, de comparaison possible entre Deftones et Korn. Et figurez vous que c’était le cas pour eux également ! Ce qui nous amène à la conception de cet album.

Deftones avant White Pony

  • L’envie de renouveau

Profondément gêné par leur affiliation à une scène dans laquelle ils ne se reconnaissant aucunement, Deftones fera évoluer son son dès son second album. Changement d’accordage, style de chant différent et bien plus assumé, la deuxième livraison du groupe aura su marquer les esprits en son temps.

Après la violence sans retenue délivré dans ce second album, qu’allait il se passer pour le groupe ? Une escalade vers toujours plus de violence ? C’est une option qui a probablement été étudier, Stephen Carpenter étant grand fan de métal, mais ce choix a été vite mis a mal par Chino, grand fan de new wave. Et lorsque ce dernier prit la décision de se lancer, tout fut chamboulé, pour le meilleur et… L’extraordinaire.

White Pony est en effet un album d’une rare intelligence. Son équilibre est parfait, les portes qu’il ouvre dans l’évolution du groupe sont multiples, et son aura est de celle des grands albums.

Deftones pendant White Pony

  • Le preuve par 3, encore et toujours

Pour celles et ceux qui ont suivi le groupe dès leur début, ‘’Feiteceira’’ marque déjà une ouverture assez étonnante. Très peu métal et plutôt rock atmosphérique, le riff d’ouverture a de quoi intriguer. Il se trouve rapidement rejoint par la section rythmique, mis en avant par une production terriblement soignée. Chino arrive alors, subtilement, très aérien et ne poussant aucun cri sur toute la chanson. En une chanson, l’ambiance est posée et l’auditeur est capté. C’est la grande classe.

‘’Digital Bath’’ s’introduit par la batterie d’Abe, claquante et ronde à la fois. L’atmosphère est clairement aquatique, chaque note semblait s’étendre et se dissiper comme les remous ou les bulles à la surface de l’eau. Le travail des machines de Frank est admirable et porte la sensualité du morceau jusqu’au refrain, qui amène le titre à un autre niveau de grâce.

Derrière ça, ‘’Elite’’ déchaîne une violence totalement inattendue au vue du lancement de l’album. Celle-ci n’en est pas moins terriblement grisante et prenante, surtout lorsqu’elle s’agit après quelques cassures aériennes. En trois morceaux, Deftones n’a jamais été aussi pertinent.

Mardi, j’étais dans la même situation, un peu plus proche encore de Chino. Je dis ça, je rien

  • L’excellence à chaque instant

Le reste de l’album n’est aucunement à la traine. L’énergie de ‘’Street Carp’’ côtoie la sensualité de ‘’Rx Queen’’, même si dans ce domaine, c’est l’incroyable ‘’Knife Prty’’ qui remporte la palme. D’un charme inaltérable, le morceau reste aujourd’hui l’un de mes favoris du groupe. Sa montée vocale sur le pont, ce guest féminin fantomatique me procurent toujours autant d’émotions.

Derrière ça, la brutalité de ‘’Korea’’ contraste avec une certaine classe, rapidement suivi d’un ‘’Passenger’’ d’anthologie accompagné de Maynard James Keenan. Et lorsque l’on pense qu’un tel enchaînement de talent ne peut que finir par s’épuiser, le final de l’album s’offre une puissance évocatrice rare.

‘’Change (In The House Of Flies)’’ s’est imposé avec le temps comme un incontournable du groupe et on comprends pourquoi. Il montre tout le bien fondé du virage entrepris sur ce chef d’œuvre. En associant la puissance sonore d’origine au sens de la mélodie de Chino, l’équilibre est parfait. L’harmonie se poursuivra et trouvera sa finalité sur le dernier morceau de l’album, Pink Maggit, tout en progression subtile. On ne pouvait rêver mieux comme conclusion.

Quel que soit les époques, toujours une allure de boy’s band!

  • Cet album = Victoire

Alors, si vous ne l’avez pas compris, je résume : cet album est un indispensable. Riche et cohérent, terriblement envoûtant et maîtrisé de la première à la dernière note, 17 ans après sa sortie, il ne vieillit aucunement. Il fait partie des grands albums que tout amateur de musique se doit d’avoir écouter une fois et si vous en faites partie… Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

La Bonne Bise

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